Les nouveaux horaires de travail : l’incompréhension du contexte culturel comorien

Depuis fin septembre 2025, le gouvernement Azali a décidé d’imposer de nouveaux horaires de travail à l’administration publique. Ces nouveaux horaires de travail, présentés comme un moyen « de moderniser l’administration publique » ne sont qu’un copier-coller bête et méchant du rythme de travail français, sans une once de réflexion sur les habitudes des comoriens. La preuve? La prière du vendredi a été repoussée pour correspondre à ces nouveaux horaires de travail.

Ainsi, du lundi au jeudi, les fonctionnaires travailleront de 8h à 17h avec une heure de pause obligatoire de 12h à 13h. Le vendredi le travail est réparti de 8h à 12h, et le samedi dimanche sont chomés.

Sur le papier, on se dit « super, un week end de 2jours et demi c’est top, ça va fonctionner », mais la réalité est tout autre.

  1. Les comoriens sont des lève-tôt. Ils suivent le rythme du soleil. Le fajr est entre 4h30 et 5H30 suivant la période de l’année, 6H du matin la plupart est levée. 10h pour eux « iyo mtsana » soit l’après midi. La preuve? Toutes les administrations publiques ou les institutions qui reçoivent du publique sont remplis de personnes avant même l’ouverture officielle. 7h du matin, les gens sont prêt à attaquer leur journée.
  2. Le corrolaire est que la journée des comoriens se terminent tôt. Le soleil se couche entre 17H et 19h. Après le maghreb, il n’y a plus d’activité. La nuit tombée, le comorien attend la prière de l’isha pour aller dormir et recommencer la journée le lendemain à 5H. Le rythme des comoriens locals est au final très logique. A quel moment imposer un horaire de travail de 8H à 17h avec ce rythme de vie est normal? Sans parler des enfants… qui se garderont seul après l’école.

Enfin, au delà de l’aspect culturel, il existe l’aspect financier. Les salaires de la fonction publique sont misérable. Ils ne sont pas alignés au rythme de vie comorien. Imposé une pause déjeuner à midi, c’est se fourvoyer. Combien d’entre eux ont les moyens de manger tous les midis? Leur imposer un départ à 17h est une blague. Comment les fonctionnaires qui travaillent hors de la capitale peuvent retourner chez eux sans mise en place de transport en commun? Les « bus » actuels terminent leur journée de travail avant maghreb. Après la prière chacun reste chez soi, laissant les fonctionnaires ereintés à se battre pour rentrer chez eux tout les jours. Comment dans ces conditions on améliore la qualité de travail de ses fonctionnaires? Ne parlons pas des conditions de travail excrébale (j’ai déjà entendu dans un bus « ils veulent nous laisser dans un bâtiment une journée entière où il n’y a même pas de l’eau pour aller aux toilettes ».)…

Et n’oublions pas l’essentiel, la fiche de poste qui est inexistante. Laissant le fonctionnaire accroupi dans un bureau, sans tâche réel, jusqu’à 17h. Du « présentéisme » stupide.

En conclusion, cette mesure aura l’effet inverse à celui escompté.
Sûrement le but final est de pousser un plus grand nombre de fonctionnaire à démissionner afin d’assainir la fonction publique. Je ne vois que cela comme explication logique de cette prise de décision insensée.

Il faudrait réaliser une étude impact socio économique de ces nouvelles mesures. Mais à mon humble avis, rester sur du 7h30 14h30 sans pause pour la fonction publique est largement suffisante. S’il faut imposer 2 jours de congés consécutives, en tant que pays musulmans rien ne nous empêche de le faire vendredi et samedi, et travailler le dimanche. C’est quand même un comble que les chrétiens puissent aller à la messe le dimanche sans problème et que les musulmans doivent adapter leur horaire de la prière de vendredi à des horaires de travail.


J’irai encore plus loin. Qui nous impose 5 jours de travail par semaine? Autant travailler 4 jours, et consacrer les 3 jours restant au travail social et communautaire qui bouffe tant les fonctionnaires. L’état peut imposer que toutes les cérémonies coutumiers tels que les différents types de mariage, les maoulidas, les rassemblements etc… se fassent exclusivement ces 3 jours, en contre parti, l’état impose un rythme de travail de 7H00 à 15h avec les conditions salariales et de travails adéquats. L’état peut aussi imposer que tous les enterrements se font exclusivement après les horaires de travail.

Si le présenteisme est recherché, nous pouvons le réaliser de manière intelligente.

Ramadan 2026 l’aid El fitr et l’aid El adha aux Comores

Le ramadan 2026 aux Comores était particulier. Après l’attaque conjoint US Israel en Iran qui a résulté en la fermeture du détroit d’Ormuz, la population a tout simplement paniqué et s’est rué dans les stations services. Ce qui est ironique dans cette situation, le gouvernement comorien mené par le SGG a donné une conférence de presse pour rassurer la population sur la fourniture des produits pétroliers et alimentaires malgré la guerre. Dès le lendemain de cette conférence, les citoyens comoriens se sont rués dans les stations services. Cette action montre le peu de confiance qu’accorde les comoriens au gouvernement actuel. Bref. Ce ramadan a été marqué par les images des fils d’attente dans les stations essences dans tout le pays.

Pour ma part, je l’ai passé entre Moroni et mon village Mnungu Hamahame. Ce ramadan a été très enrichissante spirituellement. J’ai eu la bonne idée d’effectuer du sport, pour me maintenir en forme. 3 fois par semaine j’étais à la salle. Cela était une mauvaise idée… J’étais très faible. Et c’est en ça que mon ramadan a été aussi très éprouvant physiquement.

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Cette année a aussi été marqué par pas mal d’activités organisés dans la ville de Moroni. Des foires, des expositions, des restaurants ont ouverts après l’heure de l’iftar.

Je pense que la tendance va s’accentuer dans les prochaines années. Les rues seront plus vivantes. Bien sur, les 10 derniers jours ont été le théatre de vente au marché « bodjo ».

La fête de l’aid El adha, celle du sacrifice du mouton est beaucoup plus calme. Aux Comores , traditionnellement, chaque homme va prier dans le village de son père, et chaque personne se recueille auprès des tombes des siens. Cette fête est plus solenelle.

Visite d’une exposition de l’artiste Zain

Début février, l’artiste Zain a organisé une exposition de ces oeuvres. Peintre, menuisier, Zain, plus connu sous le nom Zain art et création est un artiste complet qui propose des oeuvres originales. Ces oeuvres sont à son image : religieux, pronfondément patriote, homme de paix et ouvert sur le monde politique et extérieur.

L’exposition a lieu au Retaj. La soirée de lancement a été un succès. Je suis allée à son exposition le lendemain matin. C’était un moment d’échange particulièrement enrichissant. J’étais la seule présente à ce moment là. J’ai eu droit à une visite guidée très privilégiée.

Les tableaux sont sur commande. J’ai déjà flashé sur 3 tableaux.

La saison des Litchis

La période des litchis a été un succès cette année. Il y a eu des litchis partout, par conséquent à prix attractif. Pour la première fois, depuis mon arrivée aux Comores, le prix des litchis n’étaient pas unique et fixés. Ils variaient entre 100fc à 2000fc. Cela a permis à tous les comoriens, peut importe leur porte monnaie, de profiter de ce fruit, bénie.

La saison des litchis est située entre le mois de novembre et janvier. A Ngazidja, les litchis poussent des les régions montagneuses. Les villes les plus connus sont Mkazi, Mvouni, Bahani etc. A Anjouan, île montagneuse, les litchis y poussent depuis recemment.

« ye mkaranfu yahe mkazi » (la clou de girofle de Mkazi, ce qui signifie la richesse de Mkazi car la clou de girofle est un produit d’exportation) est pourtant encore cultivé de manière artisanale. Le plus grand danger? Les rongeurs, les chauves souris et les voleurs tout simplement. Ainsi pendant la période de la cueillette, les cultivateurs restent des nuits entières debouts afin de protéger les arbres à litchis.

Je rêve d’un événement annuel qui célèbre le commencement de la saison. Je rêve aussi d’une filière structurée qui permettrait d’exporter les litchis à l’internationale, notamment vers les pays de l’Afrique de l’est et du moyen orient.

Nous pouvons continuer de rêver.

Décomplexons l’apprentissage de la langue

Apprendre à parler le shikomori est un défi sans nom pour moi qui suit nulle dans l’apprentissage des langues. Même l’anglais, une langue que je comprends depuis une dizaine d’année, est un struggle lorsque je cherche à m’exprimer.

Et pourtant après toutes ces années passées aux Comores, je ne maîtrise toujours pas la langue. Le conseil « parler avec les natifs » ne fonctionne pas. La plupart, après s’être moqué switch en français. Il faut aussi reconnaitre que je n’ai pas fait énormément d’effort. Après une critique acerbe, j’ai tendance à me replier sur moi et ne plus vouloir parler. « We urongowa hama mbushi » me fait toujours mal au coeur…

Mais début 2024 j’ai décidé de parler comorien. Je ne voulais plus me contenter de dire « je comprends mais je ne parle pas ». J’ai pris les choses en main et j’ai cherché pendant 6 mois un professeur de shikomori, shingazidja. Eté 2024 je commence mon premier cours. J’ai pas mal évolué. Cela fait du bien d’avoir une personne qui t’explique pourquoi tu fautes et comment les corriger. Les contraintes d’emploi du temps m’ont forcé à stopper. Le fait que le professeur refuse les sessions en ligne est une contrainte en plus. Cependant, je le remercie infiniment pour le temps passé ensemble, et son apprentissage.

Je parle mieux shingazidja, mais je fais toujours autant de grosses fautes. Le problème ne vient plus du vocabulaire. Le problème vient de la grammaire. Grâce au livre de grammaire « initiation à la grammaire comorienne, le ShiNgazidja », je connais les règles. Je pense les comprendre. Mais l’application est très très hasardeuse.

Comme expliqué dans le podcast de ma très cher amie Mouezi, où elle reçoit le fondateur du site ORELC, l’apprentissage de la langue comorienne lorsque l’on est francophone n’est pas simple. En plus de la grammaire qui suit une logique complètement opposée à la langue française, certaines sonorités comoriennes n’existent pas dans la langue française. Par conséquent, il est normal pour un francophone de ne pas pouvoir/savoir prononcer des mots comoriens. N’en déplaise au puriste de « Mkatra Futra ». Le conseil donné est d’emprunter les sonorités voisines chez les anglais, les italiens et les espagnols, voire même chez les arabes.

La podcast (que je vous invite à écouter) est une pépite, elle vous decomplexera dans le processus d’apprentissage du shikomori. Vous le trouverez ici.

En conclusion, une langue ne vit que lorsque l’on exerce. En attendant que les pouvoirs publics se saissisent de la question, et forment les professeurs de langues, qui puissent eux enseigner la langue dans les écoles comoriennes. Nous sommes obligés d’avoir recours aux initiatives privés.

Voici quelques ressources disponibles pour parfaire votre apprentissage du shikomori/shingazidja :

Site orelc : https://orelc.ac/academy/Homes

Voici une sélection de livre, Podcast disponible

Revirement officiel

Ce blog constituera mon petit journal (pas si « intime » n’exagérons pas) de ma petite vie aux Comores. Jusqu’ici, je l’avais placé sous un format « informatif ». Mais force est de constater que ce n’est pas ce que je veux transparaitre de ce blog. C’est pour cela que j’ai pas mal déserté depuis 2 ans.

Je veux que ce blog soit le reflet de mon expérience aux Comores, avec des anecdotes légères (et parfois moins légères).

J’entreprends désormais avec H Consulting, une société de consulting spécialisé dans la conception et gestion de projet et la veille d’information. Ainsi qu’avec ma société de design d’intérieur IDAKA.

Avec le blog UyenshiComores, ma présence sur le net est pas mal riche. D’ailleurs, je ne sais plus où donner de la tête.

Cependant, ce petit écosystème a un seul but : mettre en avant les Comores et rester authentique sur l’information que je délivre. Pas d’enjolivement, que ma réalité et ma vérité sous un prisme culturel et profondément politique.

Bienvenue dans UyenshiComore, le quotidien aux Comores de Mlle H.

On reprend le blog

Je viens de payer pour la 2ᵉ année consécutive le renouvellement du domaine de mon blog. Et cette année, j’ai décidé de ne pas gaspiller mon argent.

Ce blog était comme un journal qui trace mon aventure aux Comores. Et pourtant, je ne prends pas le temps de tout écrire. Pourquoi ? J’avais l’impression que les écrits ne sont plus aussi appréciés par le public au temps des réseaux sociaux, des vidéos d’une minute et des carrousels.

Néanmoins, en parcourant mon blog, je viens de me rappeler que j’écrivais d’abord pour documenter et laisser une trace de mon passage. Afin que les souvenirs et les écrits restent.

Aujourd’hui, marque le « grand » retour du blog, UyenshiComores = Habiter aux Comores, toujours d’après ma propre expérience.

Et que c’est il passé durant ces 2 années ? J’entreprends, tout en exerçant une activité salariée. J’ai ma société de conseil en conception et gestion de projet avec H Consulting. (Vous pouvez vous abonner à ma newsletter, que je reprends aussi !) J’ai ouvert ma société d’aménagement, de décoration et de rénovation, nommé IDAKA.

J’ai fait pleins d’autres choses, j’ai traversé encore plus de villes de Ngazidja. J’ai monté le Karthala ! (Quelle aventure, j’avais dit une fois, mais pas deux, mais au final, je suis prête à remettre mes baskets et partir). J’ai été formatrice en gestion de projet, j’ai été speaker dans 2 événements organisés par Comor’lab. Je siège désormais dans le conseil d’administration du Sanduk de Mnoungou (ça, c’est vraiment un moove le plus WTF, mais hey, prenons les opportunités quand elles se présentent !). Je suis toujours mentor pour le collectif Shawiri Mentoring. J’ai participé à la mise en place de la bibliothèque numérique des documents des Comores. Vous pouvez retrouver la bibliothèque ici. J’ai récupéré mon premier passeport comorien. Et bien sûr, j’ai assisté à pléthore de mashuhuli.

La vie politique était pas mal agitée avec des conséquences sur notre quotidien. Mais hey, la vie continue.

Je vous laisse avec quelques clichés de ces deux années et je vous dis à très vite.

La 2ᵉ édition du salon des entreprises BIK

Du 6 au 8 juin 2023 a eu lieu la 2ᵉ édition du salon de l’entreprise aux Comores, nommé BIK Business in Komoros.




Je n’ai pas assisté au 1er salon des entreprises en 2022, qui, ironie du sort, coïncidé avec une grève des employés de Comores Télécom. Ils protestaient contre une vague de licenciement sans précédent (400 emplois étaient menacés)…

Donc je n’ai pas de point de comparaison.
En tant qu’exposante et participante, voici mon avis très subjectif sur le déroulement du salon nommé BIK Business In Komoros

Les bons points
L’idée de réunir les acteurs économiques en un même lieu est une excellente initiative. Il existe très peu d’événements de cette envergure aux Comores. Seuls les foires artisanales sont organisées. Je n’ai rien contre eux, au contraire, mais cela fait plaisir de présenter autre chose à la population.

J’ai pu rencontrer des professionnels qui évoluent dans divers domaines, j’ai pu revoir et échanger avec des personnes que je n’avais pas vu depuis longtemps.

La 2ᵉ force de ce salon est la diversité des entreprises présentées. Du conseils, aux producteurs, coopératives, entreprises d’état etc. J’y ai découvert de belles initiatives. Les 3 îles étaient représentées. J’ai pu acheter de la poudre de vanille, une crème pour cheveux d’Anjouan, un savon produite à Ntsudjini…

Enfin, j’ai trouvé l’animateur du salon, excellent. Il a su mettre de l’ambiance. Par contre en tant que modérateur de panel, il devrait mieux travailler ses questions et les sujets. A part cela, bravo à lui. Il a fait le taff. J’espère que la prime de satisfaction sera conséquente ! Il le mérite.

Les moins (les challenges pour rester dans le langage professionnel)
1. La propreté.
Je ne comprends pas ce qui s’est passé. Ce n’est pas normal de tenir trois jours un lieu sans qu’un minimum de nettoyage soit prévu et réalisé PARTOUT et non que dans les parties visibles. De plus, il y avait très peu de poubelles communes. Chaque stand se débrouillait.

2. Beaucoup de panel de discussion programmé en même temps
Le titre veut tout dire. Il y avait trop de panels, discussion de haut niveau. Par conséquent, ils étaient quasi vides. La communication a manqué autour de ces panels. Et surtout un ciblage précis des entreprises à qui certains panels s’adressaient était essentiel. Pourquoi forcer (hum je veux dire « fortement inviter ») les exposants des stands à assister à des discussions de haut niveau alors qu’ils n’étaient clairement pas la cible, juste pour « remplir la salle » ? La quantité a primé sur la qualité et cela s’est ressenti.

3. Le manque d’organisation.
Bon ce n’est pas nouveau, les Comoriens sont nuls en organisation (oui, je fais de l’essentialisation). Regardons nos festivités. Des siècles qu’on les organise et on découvre chaque matin comment fonctionne un mashuhuli.

Bref, je ne vais pas m’étaler plus. Entre certaines entreprises ou acteurs majeurs qui ont quitté l’évènement, car aucun stand ne leur a été attribué, les impressions de badges les jours J, avec UNE SEULE imprimante (??? cela est incompréhensible, au pire, il fallait faire travailler la seule imprimante la veille ou l’avant-veille, ou imposer aux participants d’imprimer leur propre badge ou tout simplement faire imprimer chez un professionnel en 10min et réserver l’imprimante pour un appoint le jour J. Les solutions existaient en tout cas…), les couacs et retards pendant les panels et j’en passe. Je me répète. Il faut accepter qu’on ne peut pas tout faire, ni tout organiser sur trois jours de salon. Diner de gala, défilés, concerts, panels à droite, panels à gauche, startup weekend plus organisation (je mentionnerai plutôt improvisation) les jours J. Être ambitieux c’est bien, être réaliste c’est mieux.

Je ne vais pas plus accabler, ceux qui ont vu et vécu, ont vu et vécu.

Enfin, à mon humble avis, l’échec majeur à pointer est l’absence des grandes entreprises. J’estime que l’absence de la plupart de ces grandes entreprises privées de l’archipel est un signal alarmant. Un signal d’autant plus alarmant que ce type d’événement leur est d’abord destiné pour créer un vrai rendez-vous B to B.

J’espère qu’à partir de la 3ᵉ édition, le salon des entreprises deviendra un réel rendez-vous B to B, bien ciblé et bien organisé.

L’expérience précède l’amélioration à condition que l’humilité accompagne le processus.

À l’année prochaine !

10 règles pour conduire en Grande Comore

La conduite à Ngazidja n’est pas facile.

Quartier Maluzini, Iconi

Beaucoup de jeviens refuse de conduire tant il règne un semblant d’anarchie au pays. De l’extérieur, il ne semble n’y avoir aucune règle, si ce n’est celle du plus fort : celui qui passe en premier.

Et c’est vrai, dans les autoécoles, on y apprend à diriger une voiture, non à conduire avec les autres usagers.

Après 2 ans de conduite sur une bonne partie du territoire de Ngazidja (je refuse catégoriquement de conduire après Mitsudje, Hambu) voici quelques règles non exhaustives à respecter pour avoir la conduite la moins dangereuse possible.

1. Conduire avec la simple envie de revenir en vie en fin de journée.

Cette règle peut paraitre stupide, mais elle vous évitera de prendre des décisions hâtives.

2. Lorsque vous entendez des sirènes, arrêtez-vous et laissez la place ! Davantage s’il s’agit de 3 voitures noires qui roulent à vive allure. C’est probablement (1.) Une escorte présidentielle. (2.) Une escorte de la gouverneure de Ngazidja (on ne va pas questionner son utilité). L’escorte présidentielle ne fait aucun cadeau et sont même prêts à provoquer des accidents pour ne pas ralentir. J’ai failli en être victime 2 fois. Surtout que PERSONNE ne vous prévient qu’il faut vous arrêter. C’est une règle tacite que tout conducteur comorien doit connaitre par magie. Bref Arrêtez-vous !

3. Les vitz sont dangereux et imprévisibles. Ce sont de petites voitures de marques Toyota qui opèrent principalement à Moroni sous forme de taxi. Parce que petites, elles se faufilent partout. Les conducteurs de taxi font littéralement ce qu’ils veulent. Demi-tour en pleine circulation bouchée ? Pas de Problème ! Arrêt en plein milieu de la route sans prévenir ? Pas de souci !

Je parle des vitz mais tous les taximans sont dangereux. La rentabilité avant tout obstrue toute capacité de réflexion et de bon sens.

4. Les camions …….. Faites TRÈS ATTENTION AUX CAMIONS, je l’écris en majuscule pour que cela imprime dans vos têtes. Parce que les camions sont plus robustes que les voitures, les conducteurs de camions pensent être maitres de la route. Ils roulent à vive allure, au milieu des routes, les pleins phares allumés la nuit. Rien ne les arrête, rien ne les ralentit. Si vous avez affaire à un camion, priez seulement.

5. Éviter de conduire vous-même dans le sud de Ngazidja. Les chauffeurs conduisent à toute vitesse et très mal. Ils vous mettent réellement en danger sans que cela les gêne.

6. Lorsque l’armée arrive à contre-courant en toute vitesse dans leur camion, ne les défiez pas, déportez-vous et arrêtez-vous. Elle est en tort, oui. Elle met en danger les autres usagers, oui. Mais ce sont les Comores, la vie des concitoyens ne comptent pas.

7. Dans un rond-point, la priorité n’est pas à celui qui est déjà engagé dans le rond-point, mais elle est à celui qui est à droite. C’est une règle qu’un de mes oncles m’a énoncé, j’étais dubitative, mais je comprends le comportement de certains sur un rond-point. J’essaie de ne pas l’appliquer, car elle est dangereuse, mais bon.

8. Attention au virage. Une voiture peut s’y arrêter ou même être stationnée sans crier gare !

9. Les conducteurs comoriens font des appels de phares pour vous signifier :

  • De la présence de la police quelques mètres plus loin (mash’Allah la solidarité)
  • Qu’il force le passage même si la priorité est à vous.

10. Les voitures sans feu de stop, feu arrière ni clignotants sont légion. Il faut impérativement faire attention et essayer de garder une distance minimale de sécurité afin de freiner lorsque cela est nécessaire.

Soyez prudent, en tant que conducteur, passager et piétons. La vitesse tue.

4 ans aux Comores, mon expérience, la routine 3/3

Dans un mini bus direction Foumbouni, Mbadjini

Finalement, pourquoi ne suis-je pas partie ? La réponse est simple. Je considère que lorsque l’on a le privilège de se déplacer, on choisit finalement les problèmes que nous souhaitons affronter aux quotidiens.

Consciente de ce privilège immense, j’ai décidé, pour l’instant, d’affronter les problèmes que je rencontre aux Comores plutôt qu’en France.

Il y a une sérénité qui dégage du pays qui est apaisante. Il fait beau. Les paysages sont magnifiques, la nourriture est bonne et je ne suis pas isolée socialement.

Et surtout, qu’est-ce que cela fait du bien de vivre dans un pays où l’on n’est pas une minorité pointée du doigt. Tu te bats pour ta (sur)vie seulement, et non pas pour prouver que 1/ ton existence compte et 2/ ta (sur)vie.

L’enjeu majeur pour moi est de trouver un équilibre entre une vie « paisible » et les aberrations politiques, économiques, écologiques de ce pays. Je suis souvent en colère, mais pas assez pour quitter les Comores.

Enfin, du haut de mon privilège, je sais que je ne suis attendue nulle part dans ce pays. Je n’ai pas la volonté de le changer. Je n’ai pas la volonté de le développer (je ne travaille pas pour le gouvernement). Je n’ai pas la volonté de changer les mentalités. Non, je ne suis personne. Si ce n’est une personne qui a décidé de faire le chemin inverse de celle de ses parents. Ils étaient partis pour nous offrir une éducation, je suis rentrée pour m’offrir une vie paisible (si possible).

L’aisance biculturelle

Je pense l’avoir atteint. Mon séjour en France en février 2022 m’a confirmé que j’étais chez moi aux Comores. Et j’avais bien fait de partir.

Maintenant que ma mission est terminée, une nouvelle aventure s’ouvre à moi. Je suis confrontée à la difficulté de trouver un emploi. J’entreprends dans 2 domaines totalement différents. Et surtout je me teste. Les économies me permettent de tenir un temps. J’espère obtenir le saint Graal rapidement, à savoir une situation économique stable. Sans cela, la vie aux pays est très difficile et l’appel de l’ailleurs sera de plus en plus forte.

Bonus : un petit récapitulatif des bons moments passés

Mon voyage à Anjouan

Le premier match des Cœlacanthes au stade de Maluzini

La qualification à la CAN 2020

Mon premier derby US Zilimadju vs Volcan Club

Les Djosho, street food, repas entre amis

Les taxis, les lieux où les conversations sont toujours fantastiques

Entre Ngazidja et Ndzuani

Retrouvez les 2 premiers articles de la série :

4 ans aux Comores, mon expérience, les débuts, 1/3

4 ans aux Comores, mon expérience, les péripéties 2/3