La 2ᵉ édition du salon des entreprises BIK

Du 6 au 8 juin 2023 a eu lieu la 2ᵉ édition du salon de l’entreprise aux Comores, nommé BIK Business in Komoros.




Je n’ai pas assisté au 1er salon des entreprises en 2022, qui, ironie du sort, coïncidé avec une grève des employés de Comores Télécom. Ils protestaient contre une vague de licenciement sans précédent (400 emplois étaient menacés)…

Donc je n’ai pas de point de comparaison.
En tant qu’exposante et participante, voici mon avis très subjectif sur le déroulement du salon nommé BIK Business In Komoros

Les bons points
L’idée de réunir les acteurs économiques en un même lieu est une excellente initiative. Il existe très peu d’événements de cette envergure aux Comores. Seuls les foires artisanales sont organisées. Je n’ai rien contre eux, au contraire, mais cela fait plaisir de présenter autre chose à la population.

J’ai pu rencontrer des professionnels qui évoluent dans divers domaines, j’ai pu revoir et échanger avec des personnes que je n’avais pas vu depuis longtemps.

La 2ᵉ force de ce salon est la diversité des entreprises présentées. Du conseils, aux producteurs, coopératives, entreprises d’état etc. J’y ai découvert de belles initiatives. Les 3 îles étaient représentées. J’ai pu acheter de la poudre de vanille, une crème pour cheveux d’Anjouan, un savon produite à Ntsudjini…

Enfin, j’ai trouvé l’animateur du salon, excellent. Il a su mettre de l’ambiance. Par contre en tant que modérateur de panel, il devrait mieux travailler ses questions et les sujets. A part cela, bravo à lui. Il a fait le taff. J’espère que la prime de satisfaction sera conséquente ! Il le mérite.

Les moins (les challenges pour rester dans le langage professionnel)
1. La propreté.
Je ne comprends pas ce qui s’est passé. Ce n’est pas normal de tenir trois jours un lieu sans qu’un minimum de nettoyage soit prévu et réalisé PARTOUT et non que dans les parties visibles. De plus, il y avait très peu de poubelles communes. Chaque stand se débrouillait.

2. Beaucoup de panel de discussion programmé en même temps
Le titre veut tout dire. Il y avait trop de panels, discussion de haut niveau. Par conséquent, ils étaient quasi vides. La communication a manqué autour de ces panels. Et surtout un ciblage précis des entreprises à qui certains panels s’adressaient était essentiel. Pourquoi forcer (hum je veux dire « fortement inviter ») les exposants des stands à assister à des discussions de haut niveau alors qu’ils n’étaient clairement pas la cible, juste pour « remplir la salle » ? La quantité a primé sur la qualité et cela s’est ressenti.

3. Le manque d’organisation.
Bon ce n’est pas nouveau, les Comoriens sont nuls en organisation (oui, je fais de l’essentialisation). Regardons nos festivités. Des siècles qu’on les organise et on découvre chaque matin comment fonctionne un mashuhuli.

Bref, je ne vais pas m’étaler plus. Entre certaines entreprises ou acteurs majeurs qui ont quitté l’évènement, car aucun stand ne leur a été attribué, les impressions de badges les jours J, avec UNE SEULE imprimante (??? cela est incompréhensible, au pire, il fallait faire travailler la seule imprimante la veille ou l’avant-veille, ou imposer aux participants d’imprimer leur propre badge ou tout simplement faire imprimer chez un professionnel en 10min et réserver l’imprimante pour un appoint le jour J. Les solutions existaient en tout cas…), les couacs et retards pendant les panels et j’en passe. Je me répète. Il faut accepter qu’on ne peut pas tout faire, ni tout organiser sur trois jours de salon. Diner de gala, défilés, concerts, panels à droite, panels à gauche, startup weekend plus organisation (je mentionnerai plutôt improvisation) les jours J. Être ambitieux c’est bien, être réaliste c’est mieux.

Je ne vais pas plus accabler, ceux qui ont vu et vécu, ont vu et vécu.

Enfin, à mon humble avis, l’échec majeur à pointer est l’absence des grandes entreprises. J’estime que l’absence de la plupart de ces grandes entreprises privées de l’archipel est un signal alarmant. Un signal d’autant plus alarmant que ce type d’événement leur est d’abord destiné pour créer un vrai rendez-vous B to B.

J’espère qu’à partir de la 3ᵉ édition, le salon des entreprises deviendra un réel rendez-vous B to B, bien ciblé et bien organisé.

L’expérience précède l’amélioration à condition que l’humilité accompagne le processus.

À l’année prochaine !

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