4 ans aux Comores, mon expérience, les débuts, 1/3

Voilà 4 ans que je vis aux Comores. Ce qui devait être un séjour « sabbatique » est devenu une installation de 4 ans.

Les débuts

Mnoungou Hamahame, Ngazidja

Après une démission dans mon ancienne boîte de conseil, je décide sur un coup de tête, de prendre mes économies et de partir vivre aux Comores quelques mois. Depuis 2009, l’année de mon bac, j’avais pour projet de travailler aux Comores quelques années. Mais avec le temps et les retours d’expériences des « repats » en Afrique, je décide d’abord de tester la vie en dehors des vacances scolaires.

C’est comme ça qu’en mai 2018, je débarque dans le village de mes parents sans un projet. Just chill and vibe.

Bon, vous vous en doutez bien que la vie au village, dans un pays pauvre, n’était pas fait de relaxation et de vibe. Entre les tâches ménagères à l’ancienne dû à l’absence d’eau courante, les coupures d’électricités et le lavage des vêtements à la main, la vie quotidienne était plus ponctuée de travail domestique que de chill.

Préparation de mhogo na fi aux feu de bois

Je donne gratuitement des cours particuliers aux élèves de terminale qui préparent le bac scientifique. C’était la seule activité qui me vibrait à cette période.

Un de mes oncles m’apprend sur un coup de tête à conduire à Ngazidja. Il faut savoir que très peu de femmes conduisent dans l’archipel, et encore plus dans les coins reculés de l’île. Posséder une voiture, l’entretenir, la ravitailler en carburant, payer la vignette ont un coût. Mon oncle décide de m’apprendre non pas par féminisme, mais parce que je cite « ton permis français ne vaut rien ici, attends-je t’apprends ».

Juin 2018, je postule pour une offre en VIE, pour une entreprise de génie civil aux Comores. Le VIE, volontariat international en entreprise, est un contrat français réservé aux moins de 28 ans (le contrat peut être signé jusqu’à la veille de tes 29 ans). Finalement, après 2 entretiens téléphoniques et 2 entretiens physiques, j’ai été recruté.

Vue de mon ancien bureau à Station Mamora, Moroni

C’est grâce à ce fameux contrat que je reste travailler aux Comores. Après un rapide aller-retour en France, et me voilà débarquer à la capitale des Comores, à Moroni, où je m’installe pour la première fois.

Je n’y croyais pas trop, j’ai postulé pour postuler, car à cette époque, je cherchais un VIE, mais pas forcément aux Comores. Les contrats sont très rares du fait qu’il y a très peu d’entreprises françaises implantées dans le pays. Par contre, il y a plus des offres en VSI (Volontariat Solidaire International) ou VIA (Volontariat International en Administration).

Quartier Yemenia, Moroni

Quand tu débarques dans une nouvelle ville, tu es émerveillée par la nouveauté. Et franchement, Moroni est une grande ville qui bouge comparé à la vie au village.

Je ne connaissais rien de la capitale à part le grand marché de Volo Volo et la gare Yemenia pour repartir dans la région du Hamahame.

Comparé à la ville française, Moroni semble petite, avec beaucoup de bouchon et peu d’activités. C’est vrai. Mais je n’ai pas déménagé pas dans un pays africain dans l’optique de retrouver ma vie française à l’identique. Ces aspects ne me dérangeaient pas.

J’emménage à Zilimadju, le quartier où la plupart des nouveaux arrivants s’installent. Je mange et j’abuse de street food fait de mshakiki (brochette de viande), mabawa (aile de poulet grillé). Je découvre la ville et la vie à la moronienne.

Mes leçons :

Il ne faut pas avoir peur de se détacher du confort matériel. C’est ce qui m’a permis de tenir tout ce temps. Mes nombreuses venues pendant mes vacances d’été ont permis de me préparer et m’habituer à cette vie.

La vie est courte, si vous avez quelques économies, pas de lourde charge, partez et explorez. Au pire, c’est là le plus grand privilège d’un Jeviens*, vous pouvez repartir grâce à votre passeport bordeaux. Cela n’est pas du tout bien perçu par les locaux d’ailleurs. La liberté de circuler est vraiment le sujet de conversation qui fait rage. Mais bon… Généralement, je ne débats pas, j’acquiesce et compatis à leur situation.

* Jeviens: membre la diaspora comorienne

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